L'expédition · 2025
Parti de Paris à vélo le 1er juin 2025. Sommet du Manaslu, 8 163 mètres, le 23 septembre.
« Bistarai », en népali : lentement. C'est le mot que répètent les porteurs en montagne, et c'est devenu ma méthode de travail.
Relier Paris à un sommet de 8 000 mètres sans jamais changer de rythme : celui du corps. Pas d'avion pour rejoindre le pied de la montagne, pas de rupture entre le voyage et l'ascension. Un seul mouvement, du niveau de la mer à la haute altitude.
Environ 14 000 kilomètres sur un Canyon Exceed chargé, et l'Himalaya au bout. L'Europe d'abord, puis la Turquie, la Géorgie, la Russie, le Kazakhstan, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde et enfin le Népal. L'Iran, prévu au tracé initial, a été contourné. Des traversées désertiques où la température dépasse les 50 °C, et des cols où elle retombe sous zéro dans la même semaine.
Le Manaslu est le huitième sommet le plus haut du monde. Après 115 jours de route, il a fallu changer complètement de discipline : une dizaine de jours d'acclimatation, les rotations entre les camps, l'attente d'une fenêtre météo, puis seize heures d'ascension depuis le dernier camp.
L'oxygène, annoncé comme une option à ne pas prendre, s'est imposé à partir de 7 000 mètres. C'est une décision arrachée sur place, contre le projet initial, et c'est la partie de l'histoire qui intéresse le plus les équipes que je rencontre : ce qu'on fait quand la version idéale du projet n'est plus disponible.





