Matériel
Testé sur des expéditions, pas en boutique.
La liste de ce que j'emporte change à chaque projet, mais la logique reste la même : rien qui ne serve deux fois, rien que je ne sache réparer.
Le principe qui gouverne tout le reste : c'est l'homme qui doit être plus préparé que le vélo. Un vélo se répare au bord de la route. Le reste, non.
Je n'ai pas un vélo, j'en ai quatre, et chacun couvre un terrain que les autres font mal.
Transmission Shimano 1×12 mécanique, plateau de 32 dents : mono-plateau parce qu'il y a moins de choses qui cassent, mécanique parce qu'une transmission électronique tombe en panne le jour où il n'y a pas de prise.
Roues DT Swiss en 29 pouces, pneus Maxxis. Cintre ENVE avec des prolongateurs Profile Design montés sur 70 millimètres de cales — sur des journées de dix-huit heures, la position sur les prolongateurs n'est pas un gain aérodynamique, c'est un endroit où poser son dos. Tige de selle suspendue Cane Creek.
C'est le montage sur lequel j'ai couru l'Atlas Mountain Race et la Trans Balkan Race 2024.
Une Selle Idéale, en cuir. Je préfère le cuir au carbone : c'est plus confortable et plus solide. Sur une selle qu'on occupe quatre mois d'affilée, c'est le seul critère qui compte.
Un casque Vola. Sur l'ultra, un casque se porte vingt heures par jour pendant des semaines : ce qu'on lui demande, c'est de se faire oublier.
Un Garmin Edge 1040 Solar pour la trace, et un Garmin GPSMAP 67i avec inReach pour la balise satellite et les messages depuis les endroits sans réseau — c'est aussi ce qui permet de suivre mon point sur la carte pendant les courses.
Pour l'énergie : un moyeu dynamo SON à l'avant, relié à un convertisseur Sinewave avec sortie USB. Tant que je pédale, je recharge. C'est le seul système qui ne dépend ni du soleil ni d'une prise. Éclairage de secours Ravemen à l'avant, Lezyne à l'arrière.
Du CYCLITE. Une sacoche de cadre taillée pour le triangle, une sacoche de selle, des sacoches de potence et une sacoche de tube supérieur : de quoi répartir la charge sans jamais rien porter sur le dos. Plus des porte-bidons souples, et un sac à dos Compressport quand le portage l'impose — au Népal, il a fallu pousser et porter le vélo pendant des heures.
FNSHR pour le textile — c'est la marque que je porte et celle des GravelMan Series. Les maillots, hoodies et casquettes sont dans la boutique. Compressport pour la compression et le sac. Pour le froid extrême et l'altitude, G4 Dimension.
Sur la NorthCape 4000, ma sacoche de selle contenait un short, un maillot, des chaussettes et une doudoune. Pas de tente. Sur ce genre de course, chaque objet doit justifier son poids par un usage quotidien, et une tente qu'on monte une nuit sur trois ne le justifie pas.
L'altitude est un autre métier et un autre matériel. Le seul point que je tiens à écrire ici : j'ai utilisé de l'oxygène à partir de 7 000 mètres, alors que le projet était annoncé sans. C'est le matériel dont je m'étais promis de ne pas avoir besoin.
Un Bergamont Grandurance en aluminium, Shimano 105 11 vitesses en 50/34 et 11-32, freins à disque hydrauliques, roues Mavic Allroad avec moyeu dynamo Shutter Precision, pneus Challenge Strada Bianca en 33 millimètres, cockpit Thomson, prolongateur Profile Design, pédales Look X-Track. Vingt kilos tout chargé, pour 5 600 kilomètres en vingt jours.